Crowdsourcing des tarifs des diaporamas sonores

Les pratiques tarifaires des diffuseurs en matière de diaporamas sonores sont disparates, c’est ce qui ressort des discussions entre pigistes multimédia. Ceux-ci consacrent au minimum 3 jours pour en réaliser un (reportage, éditing, montage, etc.). Pour avoir des repères, je vous propose de crowdsourcer les montants de piges médias et hors média.

Si vous avez déjà réalisé des diaporamas sonores pour une entreprise (média, association, ONG, collectivité territoriale, entreprise, etc.), merci de renseigner les catégories ci-dessous en m’envoyant un message par e-mail. Votre info reste confidentielle : le journaliste protège ses sources.

Dès que j’ai une fiche pour un diffuseur, je publie une première mise à jour. Et je recouperai ces tarifs recueillis par le terrain auprès du diffuseur.

Vous pouvez continuer à m’envoyer vos fiches sur le même diffuse, afin que je la mette à jour et que je recoupe ainsi les infos concernant les tarifs pratiqués  (qui peuvent — parfois… — changer d’un pigiste à l’autre). Petit rappel, même si ce n’est pas toujours la pratique : les journalistes doivent être rémunérés en salaire (pige) et non en droits d’auteur…

Enfin, dernier élément de réflexion que je vous livre en tant que diffuseur : quand on paie 450 euros bruts pour le salarié, on débourse en réalité 702 euros (brut salarié + charges patronales qui représentent environ 56 % du brut salarié ; en fait, pour dire les choses autrement, le salarié gagne en net la moitié du montant du salaire brut chargé), et, pour un diffuseur, c’est cela le vrai coût d’un diaporama sonore.

Donnez votre avis : quel est le juste prix ?

Ces tarifs sont inspirés de la presse à l’attention des journalistes rédacteurs multimédia. Ce tarif semble dérisoire à certains photographes (au cours de la rencontre #photoontheweb, organisée à la Scam le 7 février, l’association Freelens me signale, via twitter, que 450 euros équivaut à une demi-journée de prise de vue photo pour un sujet corporate à Paris…).

Pour le photographe Maxime Jegat, le tarif minimum devrait être de 250 euros bruts par jour (hors remboursement de frais).

« Ces tarifs sont pour la presse. Pour le corporate payé en Agessa, il faut doubler ou tripler selon le client », dit-il avant d’ajouter :  « J’ai pris pour référence le milieu de la photo. Mais le plus pertinents serait de se caler sur les tarifs des JRI (tournage et montage) ».

Le tarif plancher pour un JRI titulaire de la carte est de 102,90 euros bruts par jour pour un dossier ou une enquête (source :  SNJ, mai 2012). Ce qui représente 306 euros bruts salarié pour trois jours de travaiL..

En commentaire, laissez vos suggestions : quel est selon vous le tarif plancher auquel devrait être payé un diaporama sonore (base 3 jours de travail : reportage, éditing son et image et montage) ?

→ Je suis preneur d’infos sur les tarifs pratiqués par le Nouvel Obs et des ONG.

Catégorie médias

■ LEMONDE.FR

Diffuseur : Lemonde.fr
Nombre de diaporamas sonores en ligne : une douzaine visibles dans la rubrique webdoc (mais plusieurs dizaines ailleurs sur le site)
Durée : 2 à 4 mn
Thèmes : variés
Tarif : pige (salaire) de 450 euros bruts ou droits d’auteur de 600 euros (Agessa).
Tarif communiqué par : pigistes ; précisions diffuseur (nombre de diaporamas sonores)
Remarque : assemblage du diapo sur un logiciel interne au Monde.fr : possibilité de légendes; effets d’animation réduits.

■ OUEST-FRANCE.FR

Diffuseur : www.ouest-france.fr
Durée : 2 à 4 mn
Thèmes : variés
Tarif : pige (salaire) de 300 euros bruts.
Tarif communiqué par : pigistes;
Remarque : Montage son mais pas de montage photo.

■ PELERIN.INFO

Diffuseur : pelerin.info, site du magazine pèlerin (groupe Bayard)
Nombre de diaporamas sonores en ligne : une soixantaine.
Format : 3’30 mn
Thèmes :
→ Chemins de pèlerinage ; voyages initiatiques (voyageurs, pèlerins, hospitaliers);
→ patrimoine chrétien (artisans, création et sauvegarde) ;
→ initiatives et acteurs locaux qui transforment la vie quotidienne de proximité : quartier,paroisse, village, ville (solidarité, écologie, vie chrétienne, inter génération, vivre ensemble).
Tarif : pige (salaire) de 450 euros bruts. Frais de reportage remboursés.
Inclus : article introductif (1 feuillet) + 500 signes de présentation de l’auteur + 2 photos (une tirée du diaporama sonore, une de l’auteur).
Tarif communiqué par : le diffuseur.
Remarque : générique avec les typo du magazine.

■ RUE89.COM

Diffuseur : rue89.com
Nombre de diaporamas sonores : près d’une 20aine
Format : 2 à 4 mn
Tarif : pige (salaire) de 150 euros bruts. + 150 euros pour la diffusion sur l’appli iPad.
Inclus : un article complet de longueur variable (plusieurs feuillets).
Tarif communiqué par : pigistes.
Remarque : souvent réalisés sous Soundslide.
Précision du diffuseur : Pierre Haski, Cofondateur de Rue89 : « Nous ne prenons presque pas de diapo sonore en pige car n’avons pas les moyens de les payer à leur juste valeur. Mais nous devons être l’un des rares sites d’info à avoir une photographe (Audrey Cerdan NDR) en CDI pour faire des diapos sonores. »

■ YOUPHIL.COM

Diffuseur : youphil.com
Format : 3 à 3’30 mn
Tarif : pige (salaire) de 325 euros bruts.
Inclus : chapô.
Tarif communiqué par : pigistes.

■ NEON

Diffuseur : Néon
Tarif : pige (salaire) de 600 euros bruts le diaporama sonore + 1200 euros pour une série de photo sur 4 pages print (le rédacteur
Tarif communiqué par : pigistes.

Catégorie hors médias

■ CONSEIL GENERAL DU VAL-DE-MARNE

Diffuseur : Conseil général de Val-de-Marne (intranet)
Nombre de diaporamas sonores en ligne : un
Durée : 2’30 mn
Thèmes : les métiers des agents du conseil général
Tarif : 1200 euros brut (salaire) + frais remboursés
Tarif communiqué par : pigiste
Remarque : diaporama réalisés avec Final Cut ; utilisation interne uniquement

Comments

  1. Bravo pour l’initiative. Je suis bien d’accord pour remettre un peu les pendules à l’heure sur les tarifs de diff’ des formats numériques.
    Qlqs remarques cependant :
    – il ne me paraît pas hyper pertinent de mettre des tarifs corpos là-dedans. Déjà en photo les tarifs n’ont rien à voir entre photojournalisme et corpo, il ne s’agit pas non plus du même usage et d’un corpo à l’autre cela varie encore plus qu’en presse.
    _ pour le nbr de diapo sur le Monde.fr votre chiffre ne montre que ce qui est en ligne sur la page webdocs. Or il y en a bcp plus qui sont produits chaque mois. Souvent en interne. Difficile de donner un chiffre mais en cherchant bien il doit y en avoir une bonne centaine voire plus car la rédac produit ses propres objets multimédia parfois à la limite diapo/vidéo…

    • Bonjour Antonin,

      Merci pour ton commentaire et tes précisions. Je réponds en deux temps :

      — Tarif presse et corpo : j’entends ton argument. Effectivement, ce ne sont pas les mêmes choses. Je vais faire de ce pas deux catégories distinctes. En revanche, je trouve important de mentionner les deux car je me place du point de vue des pigistes qui ont ce savoir-faire-là : ils travaillent pour des groupes de presse mais aussi pour de l’institutionnel. Et c’est important pour eux d’avoir des repères en terme de tarifs.

      — Pour Les diaporamas sonores sur Le Monde : effectivement, je n’ai pu juger que sur la partie visible. Je suis très preneur de tout chiffre étayé !

      Bien à toi,

      Gilles

  2. Très bonne initiative, l’époque faisant que le papier pourrait disparaitre et que la consultation d’information se fait de plus en plus sur l’ordinateur, il est important de mettre les choses à plat. Le photojournalisme peut survivre à la crise du papier si la diffusion web s’impose une grille tarifaire honnête. Merci Gilles pour ce billet qui j’espère se remplira grandement pour peut-être en dégagé un tarif moyen pour cette prestation qu’est le diaporama sonore.

  3. Bonjour.
    J’étais à la SCAM le 7 février. Il est écrit ici:

    « …Ces tarifs sont inspirés de la presse à l’attention des journalistes rédacteurs multimédia. Ce tarif semble dérisoire à certains photographes (au cours de la rencontre #photoontheweb, organisée à la Scam le 7 février, l’association Freelens me signale, via twitter, que 450 euros équivaut à une demi-journée de prise de vue photo pour un sujet corporate à Paris…)…. »

    Il a aussi été dit à la tribune par le représentant de la SCAM que cela était inférieur au smic horaire de la grille des journalistes de la presse écrite, reporter photographe notamment.

    Ce coût du travail est a rapprocher de celui pratiqué dans les rédactions pour les commandes à des photographes. A Pèlerin, par exemple, une journée est 300€ en pige. Sans l’ancienneté ni le reste. Donc pour le même titre, on demande à une journaliste rédactrice multimédia de travailler pour 150€/jour, en texte, en son, en photo et en montage, et à un autre, photojournaliste, de travailler pour 300€/jour en photo.

    Le nouveau journalisme pour ceux qui utilisent la photo comme médium c’est donc se former pour travailler 3 fois plus et pour gagner deux fois moins?
    L’exploitation honteuse des JRI est elle un bon exemple à fournir pour justifier de tels tarifs.

    Je suis étonné quand je vois quel engouement il y a dès qu’il s’agit de sauver le photojournalisme, commission gouvernementale, déclarations, et tout le toutim, et quand je constate dans les faits ce qui est pratiqué.

    J’ai fait pour Le Monde, La Croix des montages sons+images.

    Pour Le Monde, il m’a été signifié que le son n’était pas payé, ni le diaporama, juste la commande photo. Des photos de ce reportage ont été reprises sans que je le sache par Lemonde interactif pour illustrer des articles qui n’avaient rien à voir. Lorsque je me suis manifesté, il m’a été demandé d’envoyer une note de pige au service paye du site à hauteur de 56€/photo, qui ont immédiatement été retirées et remplacées par des photos d’agence.

    Pour La Croix, une journée de pige, à 300€, a été ajouté pour le son et le montage, aux deux jours de piges photo pour les prises de vue, soit 700€.

    Lorsque j’ai proposé lors de ma dernière commande pour Le Pèlerin de faire du son, cela m’a été refusé. J’ai été payé pour mon travail photo pour la publication magazine et pas spécifiquement pour le diaporama muet présenté sur le site. Cela doit sans doute être intégré à l’évolution de la pige passé de 280 à 300 l’an dernier.

    Il ya encore des efforts à faire pour harmoniser et vertueusement les barêmes de piges sur les nouveaux supports et surtout comme le soulignent les représentants de la SCAM faire attention à trouver une juste rémunération du travail et du droit d’Auteur.

    Un JRI ne possède pas ses rushs. Un photographe, si….

    Olivier

    • Bonjour Olivier, merci pour ton témoignage. Effectivement, ce décalage pose de vraies questions.

      Dans le cas de Pèlerin, quand c’est une commande du service icono, t’a-t-on précisé que ton travail couvrait à la fois le print avec possibilité de reprise sur le web sous forme de galerie ? Pour le titre, c’est une manière de multivaloriser la commande : quelques photos parues dans le print, éventuellement un peu plus sur le web sous forme de galerie, éditée par le service web.

      • Bonjour Gilles.
        Oui pour Le Pèlerin j’étais au courant. Je pense que la revalorisation a 300€ est justifiée pour cela aussi. Et je trouve juste de multivaloriser les reportages. Mais pour aller plus loin il serait bon de faire travailler conjointement print et web avec une rémunération adéquate.

        Par exemple pour un reportage justifiant un diaporama prévoir des la préparation le budget pluri média: texte, photo, son, montage. Pour cela il faudrait que l’éditeur harmonise les services et la gestion des piges, et que soient bien gérées les questions de droit d’auteur.

        Au lieu de scinder les budgets Print et Web, et même rédaction et photo, scission qui génère des tensions, n’incite pas les pigistes de travailler en binôme (problèmes de reversement lorsque déséquilibre de rémunération entre visuel et écrit ).

        Les rédactions auraient tout a gagner a fusionner plutôt qu’à faire de l’apartheid print-web. Nous aurions tous a y gagner.

      • Bonjour Olivier. Ta suggestion a été mise en oeuvre à La Croix : ce sont les chefs de service print qui portent aussi budgétairement les déclinaisons web. D’après ce que j’ai pu comprendre, comme c’est pris sur le budget pige total du service (qui n’a pas augmenté pour autant), il y a peu de prolongements sur le web.

  4. Une petite précision sur les tarifs du CG94. Ceux indiqués concernent la Communication Interne. Pour la partie Com externe et rédaction du journal les tarifs sont un peu différents.
    Nous appliquons le même tarifs que pour les piges des photosJ, c’est à dire 202 euros net la demi journée.
    Pour les diaporamas sonores nous évaluons donc avec le photographe et le commanditaire le nombre de jours nécessaires à la réalisation en tenant compte des difficultés propres aux conditions de prises de vues particulières dans les services des collectivités territoriales.
    Les réalisations demandées pour l’instant ont été payées autour de 1500 à 2000 euros net en facture.
    Les diaporamas sont stockés sur Viméo. L’idéal est de les produire avec Final Cut ou Imovie.
    Les stagiaires de l’EMI-cfd ont fait de belles réalisations dans ce domaine…

    Nicolas Wietrich http://nicolaswietrich.fr/reportages/videos/assistant-familial/
    Célia Pernot et Alix Marnat https://vimeo.com/98135318

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  3. […] expérimentent). Côté diffuseur, c’est le tarif d’un dossier pigé pour le  papier (Cf. le crowdsourcing des tarifs de diaporamas sonores). On peut l’encapsuler facilement dans ses pages courantes et le compléter par un article ou […]

  4. […] Un papier de l’ancien chef du web du Pelerin sur le Diaporama, Gilles Donada En fait il ya aujourd’hui une confusion qui peut devenir pénalisante pour le photographe. On peut faire un diaporama avec des logiciel libres/gratuits san gestioon approfondie du son (soundslides, audacitiy, Picasa), c’est rapide mais si on veut aller dans du bien fait, genre dentelle de Calais c’est plutôt avec Final Cut qu’il vaut travailler. Problème : on multiplie le temps de travail par 10 mais si les rédactions ne font pas la différence, le prix de vente devient ridicule comparé au temps passe. Nous pensons que nous avons intérêt à faire des diaporamas sur les sujets des photographes d’Haytham mais il faut du son…et des légendes solides pour raconter l’histoire. https://gillesdonada.wordpress.com/2012/10/12/crowdsourcing-des-tarifs-des-diaporamas-sonores/#more-1… […]

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