Le premier #Diapéro confirme le diaporama sonore comme format multimédia autonome

1er Diapéro au Café de Paris © Julien Donada

Une confirmation. Un encouragement. Deux mots qui s’imposent à nous en repensant à ce premier Diapéro, qui s’est tenu le 21 novembre au Café de Paris à Ménilmontant.

Surprise, tout d’abord, devant le nombre de participants… alors que l’idée avait surgit, de façon impromptue, au cours d’une discussion de comptoir entre Marianne Rigaux (journaliste et formatrice multimédia), Paul-Alexis Bernard (de l’ESJ-Pro) et moi-même.

Dans l’arrière-salle du café de Ménilmontant se pressaient 120 personnes : journalistes, photographes, freelance (solo ou en collectif) mais aussi en rédaction (Rue 89, Polka Magazine, Jeune Afrique, L’étudiant, Marianne, France Inter, France 3, AFP, Dernières Nouvelles d’Alsace…), en formation (les étudiants de l’EMI-CFD étaient venus en force !)…

L’album photo de la soirée.

— Prochain rendez-vous : Diapéro #2 : mercredi 20 février 2013, au café de Paris

Cette participation n’est pas un accident (“J’uis venu pa’ce que j’avais rien d’aut’ ce soir…”). Elle ne s’explique pas non plus par l’irrésistible appel d’une bonne mousse (quoi que). Cette forte participation confirme ce que Marianne, Paul-Alexis et moi-même pressentions, subodorions, espérions : le format du diaporama sonore séduit, intéresse, suscite la curiosité… et le désir.

© Jacob Khrist

Comme le disait Marianne en introduction, le diaporama sonre n’est pas seulement une “brique multimédia” d’un webdoc, c’est un format à part entière. Le diaporama sonore est au journalisme multimédia, ce que le genre de la nouvelle est à la littérature, ou le court-métrage au cinéma : un format singulier, avec sa grammaire, sa stylistique.. et ses artistes ! Sa force d’expression, et sa singularité par rapport à la vidéo, réside dans le dialogue asynchrone qu’il instaure entre le son et l’image, travaillés avec profondeur, rythme et relief.

Le diaporama sonore n’a pas encore son écosystème. Et j’entends éco, au sens d’économie. Plusieurs témoignages de journalistes, venus présenter leur travail, ont montré la disproportion entre le temps passé en reportage (Sébastien Leban a passé 10 semaines, de son propre chef, auprès des ouvriers en lutte de Florange) et le tarif payé. Du côté des diffuseurs, Elodie Vialle, de Youphil.com, a évoqué l’investissement que représentait le diaporama sonore pour sa jeune agence de presse, spécialisée dans la solidarité.

D’où l’idée de crowdsourcer les tarifs pratiqués : non pour dresser le palmarès des bons et mauvais payeurs, mais pour faire prendre conscience aux freelance comme aux diffuseurs qu’un marché est en train de se développer ; avec des pratiques tarifaires hétérogènes : de 150 euros à 1 200 euros le diaporama sonore.

Les discussions en fin de soirée avec les uns et les autres, et les messages laissés sur l’événement Facebook nous ont vraiment encouragé à poursuivre, en procédant à quelques ajustements que vous nous avez signalés.

Le prochain diapéro devrait se tenir au premier trimestre 2013, si tout se passe bien. La soirée démarrera plus tôt (à l’heure cette fois) avec les projections commentées de diaporama sonore. Une petite sélection aura été préalablement établie par notre trio. Les auteurs seront là pour présenter leur oeuvre et répondre aux questions ; et ensuite discuter en tête-à-tête, en dégustant les bonnes bières de Bachir, la patron du Café de Paris.

Les diaporamas sonores commentés au Diapéro

Marianne a synthétisé les commentaires (scène, auteur, et salle) autour des diaporamas sonores projetés. N’hésitez pas à compléter en ajoutant les vôtres en commentaire de cette note. Les diaporamas sonores apparaissent dans l’ordre de projection lors de la soirée.

Cher : la cathédrale de Jean Linard cherche acheteur
Marianne Rigaux pour Pelerin.info
Un sujet qui montre une “cathédrale” à vendre : c’est en fait l’oeuvre d’un artiste, aujourd’hui décédé, que sa femme ne peut plus entretenir. Le genre de sujet qui intéresse Pèlerin car il rentre dans la rubrique “patrimoine”. Ce diaporama offre une pleine immersion dans l’ambiance de ce lieu à la fois magique et hanté. Seul détail, la majeure partie du son a été prise en intérieur alors que les images sont prises en extérieur, cela s’entend un peu en terme d’accoustique.

Kosovo
Ta’ata TV
Un diaporama en noir et blanc qui appartient à une collection de courtes productions documentaires sur la vie à Tahiti. Globalement, la voix voix off est gênante voire désagréable, on préférerait entendre les voix des personnes à l’image ou des sons d’ambiance.

Retour à Oran
Evelyne Garcia Jousset
Sujet très personnel en parallèle du tournage d’un documentaire. Les sons, les images et le montage ont été réalisés sur Iphone avec l’appli Splice. Le résultat est honnête, mais les photos perdent de leur force car elles ne sont pas à la même taille que le cadre vidéo. Il existe d’autres applications  (1st vidéo et Voddio, Pinnacle Studio, précise Marc Mentré de l’EMI-CFD) qui évitent les conflits entre 4/3 et 16/9 et donc le cadre noir autour des images. La narration n’est pas assez incarnée dans les photos, il y a trop d’images avec la même valeur de plan. Finalement, la voix off pourrait fonctionner toute seule, les photos font un peu décor.

Jésus et les auto-tamponneuses
Benoit-Louis Delouvier pour Grandrouen.com
Reportage lors de la messe des forains, qui se tient à deux pas des auto-tamponneuses. On sent que les images n’ont pas été faites par un photographe professionnelle… Une meilleure qualité serait souhaitable pour les photos, mais  cela reste honorable pour un site d’informations locales qui fait avec les moyens du bord. Ce diaporama ouvre le débat sur le travail en solo ou en duo : certains aiment tout faire seul, même si cela demande beaucoup de compétences (et d’énergie) pour tout faire bien, d’autres produisent en binôme – un photographe / un preneur de son – avec le risque parfois de casser l’intimité avec la personne interviewée.

Insomnia
Ovidiu Tataru
Un diaporama sonore artistique, expérimental, percutant, qui joue sur les polices, le sens du rythme, l’aternance couleur et noir et blanc. On s’interroge toutefois sur le propos : qu’a voulu raconter l’auteur? Ce format non informatif a du succès en festival : il a été sélectionné en Italie en catégorie catégorie expérimentale. Cette production pose la question de la place du diaporama sonore artistique sur le web.

Dans ces villages de Haute Marne
Audrey Cerdan pour Rue89
Un diapo en images seulement, le son d’ambiance restant très léger, monté sous forme de diptyque. Il accompagne un papier de 10 000 signes, mais Audrey milite pour que les diaporamas soient des objets autonomes. Audrey est photographe, en CDI à Rue89, ce qui est rare et remarquable pour une petite rédaction. Les diaporamas de Rue89 sont montés sur Soundslides : d’après Audrey, ce logiciel (gratuit en version démo, 80 euros en version payante) respecte la qualité des photos et permet de les mettre plein pot dans un player assez épuré. D’autres préfèrent Final Cut ou Première qui permet plus de créativité et de finesse dans les animations.

Sébastien Leban explique son travail avec les grévistes d’Arcelor Mittal. © Jacob Khrist

Dix semaines avec les Arcelor Mittal
Seb Leban pour Rue89
Seb a passé 10 semaines avec les Arcelor Mittal en lutte pour la sauvegarde de leur site. Ses images résument ces 10 semaines mais le son est une seule et même interview d’Edouard, responsable syndical CFDT. Le son est captivant, clair (c’est un bon client) et propre. Les images sont puissantes, mais elles ne collent pas toujours exactement au propos sonore. Ce diaporama ouvre le débat sur le prix de la pige à Rue89 : 125 euros brut pour diaporama + texte. La rédaction évite d’en commander aux pigiste, consciente de ne pas pouvoir les payer à leur juste prix.

Artistes, autistes
Diasporamas pour Youphil.com
Ce sujet sensible et sonore a marqué le Morgane et Théo, le duo de Diasporamas. Il s’agit du portrait d’une cantatrice qui fait chanter de jeunes autistes. Le choix du noir et blanc est un choix par défaut à cause des couleurs de la salle. Elodie Vialle, rédactrice en chef de Youphil.com qui a diffusé ce sujet explique la politique de son média en matière de son diaporama sonore : “On paye 325 euros brut, on est un petit média indépendant”.

Albanie, à un pas de l’Europe
de Jacob Khrist et Valérie Baeriswyl. Montage : Clémence Leprévost
C’est la première version d’un travail en cours de montage. Jacob et Valérie racontent la vie d’une jeune albanaie, Fatjola. Il y a beaucoup d’effets de montage qui donnent un effet très dynamique  et rythmé, mais qui font parfois un peu “power point” (ce que les auteurs contestent : pour eux, c’est de l’effet dynamique de montage). Le propos est un peu dilué, plusieurs thématiques sont abordées sans pour autant faire un portrait de la jeune femme. Les photos magnifiques avec des effets de composition/création audacieux.

Du transsibérien
Aude Gambet, journaliste au quotidien régional Les Dernières nouvelles d’Alsace
Les projections se terminent avec un autre travail jamais diffusé, “fait avec des bouts de ficelle pour essayer”… Qui se révèle être un agréable voyage en photo et son d’ambiance à bord du Transsibérien. Un diaporama qui évite l’écueil du “film de vacances” et qui pourrait trouver sa place sur Geo.fr le jour où le site se décide à diffuser ce genre de “voyage multimédia”

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