Laura Tangre, photographe : « A Lyon, nous voulons réaliser et faire davantage (re)connaître les POM »

Réunion à l'Atelier des médias © Bruno Crozat

L’Atelier des médias © Bruno Crozat

Heureuse synchronicité (et signe que c’est un sujet émergent) : quelques jours avant l’organisation du Diapéro à Paris se tenait, le 12 novembre, à Lyon, une rencontre autour des POM (petite oeuvre multimédia) à l’Atelier des médias. Cet espace de co-working, de rencontres et de formation, situé à proximité de l’opéra, est animé par l’association Lyon Piges.

La photographe Laura Tangre, est l’une des co-organisatrice de l’événement. Elle a notamment réalisé « Une jeunesse bosnienne », un webdoc diffusé par Courrier international et France 24.

Quelle est la genèse de cette rencontre autour des POM lyonnaises ?

Nous sommes plusieurs jeunes journalistes (1) à réfléchir sur la création de POM. Nous partageons la même envie de voir émerger ce format. Nous avons souhaité fédérer les énergies et permettre aux gens de se rencontrer, et, favoriser ainsi des collaborations fructueuses entre photographes, monteurs, journalistes radio, pigistes…

Au départ, nous avions imaginé de nous rencontrer simplement dans un bar. Nous avons lancé une invitation sur Doodle. Devant le nombre de participants annoncés, nous avons finalement choisi de nous retrouver à l’Atelier des médias. Ce lundi-là, nous étions une bonne vingtaine (journalistes rédacteurs principalement et photographes), d’âges variés (de la vingtaine à la cinquantaine) pour parler POM.

Comment définis-tu la POM ?

C’est un objet multimédia, photo, son et texte, qui apporte une valeur ajoutée à une pige texte. La POM offre un regard plus distancé en mettant en scène l’information autrement, notamment sur le plan graphique en introduisant un chiffre, une date, une citation…

De quels thèmes avez-vous débattu ?

Nous avons parlé du rapport entre le temps passé sur la POM et l’intérêt financier pour les pigistes de proposer ce type de travail. Si on additionne le temps d’enquête, de reportage et de montage, on aboutit à environ trois jours de travail. Passer plus de temps ne serait pas rentable.

Plusieurs participants défendaient une intervention à trois : un photographe, un preneur de son et un monteur. L’intérêt de ce dernier est qu’il a apporte ses compétences techniques et un regard neuf sur la matière recueillie par les deux premiers. Les journalistes n’ont pas envie de ressembler à des hommes orchestres en faisant tout eux-mêmes…

Quelles réactions a suscité la projection des POM ?

Les participants ont été surpris de la qualité des productions présentées, notamment sur le plan sonore. Un certain nombre ne connaissait pas bien le format et pensait qu’il s’agissait d’une sorte de bricolage, fait rapidement à la maison. Il y avait, en revanche, davantage de scepticisme sur l’intérêt de proposer ce type de format, en plus d’un article…

Quel est ton point de vue sur la question ?

Je pense qu’il faut en parler et en réaliser, même si la POM n’est pas encore reconnue à sa juste valeur. J’ai eu l’occasion de discuter avec des rédacteurs en chef pour les convaincre de leur intérêt. Au départ, ils ne sont pas très à l’aise car ils n’ont pas l’habitude d’un tel format. « Nous n’avons pas budget pour cela », répondent-ils en premier, avant d’ajouter : « Et puis, nous n’avons pas les moyens de les mettre en valeur sur notre site ». Ils ne savent souvent pas dans quelle rubrique « ranger » cette POM… Enfin, ils éprouvent des réticences si le sujet n’est pas assez ancré dans l’actualité chaude.

Quelles suites allez-vous donner à cette rencontre ?

Nous projetons d’en programmer une nouvelle, mais aucune date n’est pour l’instant fixée. A la fin de notre réunion, deux participants ont lancé l’idée de créer un site web pour diffuser des POM lyonnais sans attendre que notre travail soit reconnu par les médias de la région. Il faudrait fédérer une audience, trouver un modèle économique… C’est une belle idée à laquelle il va falloir s’atteler.

(1) Mathieu Martinière, journaliste pigiste (rédacteur) ; Jean-Baptiste Cocagne, journaliste radio chez radio Arménie ; Robert Schmidt, correspondant allemand, pigiste (rédacteur) ; Bruno Crozat, rédacteur et photographe.

Les POM diffusées et discutées au cours de la soirée

Ma maison pour hôpital. Dessin : Anne Collongues ; Réalisation : Seïf Boutella ; Création sonore : Anne Collongues et Seïf Boutella ; Photographies : Stéphane Moiroux © Hans Lucas 2006-2008. (réalisé dans le cadre du projet culturel « Territoires de fictions »).

Voluptas. Virginie Terrasse. Réalisation : Frédéric lombard ; Création sonore : Jen Bonn (réalisé dans le cadre du projet culturel « Territoires de fictions »).

Une vie à Paris. Images : Julie Bourges , montage : Seïf Boutella, texte et voix : Anne Collongues (réalisé dans le cadre du projet culturel « Territoires de fictions »).

Wolcom to Calais. Olivier Jobard photographie Sangatte avant et après la fermeture du centre de la Croix-Rouge.

Erwann, une jeunesse bateau. Photographie et réalisation : Théophile Trossat.

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